LE PATRIMOINE MEDANAIS

Le patrimoine de Médan étant très riche, nous avons choisi de vous présenter uniquement les monuments classés (ISMH). Nous espérons qu’au fil d’une promenade vous découvrirez tous les atouts de notre beau village.

Le Château de Médanchateau

En 1494 Henri PERDRIER fait édifier un pavillon de chasse. Son gendre, Jean Brinon y reçoit entre autres amis, les poètes de La PLEIADE, Du Bellay, Baif, Jodelle, Dorat et bien sûr Ronsard qui y écrit d’ailleurs « le houx » en son honneur.
Au XVIIème s., Jean Bourdin, apportera quelques éléments décoratifs : création des lucarnes dans la toiture, de deux piliers de pierres taillées surmontés d’une balustrade, une poterne des communs, un jardin suspendu… et la construction de l’église actuelle.
C’est Paul Cézanne qui, séjournant chez son ami d’enfance Emile Zola, immortalisera le château dans une aquarelle puis par une huile (1879 et 1881) intitulées toutes les deux « Château de Médan  ». Entre 1879 et 1885 Cézanne peindra sur le motif « Bords d’un fleuve », « Campagne et coteau près de Médan » et « Médan, château et village » ; toutes ces œuvres se trouvent à l’étranger.
En 1924 l’écrivain symboliste Maurice Maeterlinck, prix Nobel de littérature, achète ce château qu’il quittera en 1939 pour s’exiler aux Etats-Unis. Le château sera réquisitionné par les allemands.
En 1957 la Comtesse Maeterlinck cède à un promoteur 12 ha de parc puis fait donation du château en 1962 à Henri Smadja, propriétaire du journal Combat, qui y fait transporter les rotatives de son imprimerie en 1966. Le château devient une usine. Le fameux « Silence, on coule ! », titre de la dernière Une du quotidien signera la fin
de l’aventure littéraire du château de Médan.
Le château fut laissé à l’abandon de 1974 à 1977, date à laquelle les propriétaires actuels l’ont acquis. Après dix années de restauration, la demeure a retrouvé son allure du XVème siècle…Le château, labellisé Maison des Illustres, situé sur la Route des Maisons d’Ecrivains et sur la Route Paul Cézanne, est ouvert toute l’année sur rendez-vous.


L’église Saint GermainIMG_00001352

On ne peut qu’être séduit par l’élégance de cette église édifiée en 1635 à la demande du seigneur de Médan, Jean Bourdin.
Elle serait l’œuvre de Claude Perrault, frère de Charles, l’auteur des contes du même nom.
Dédiée à Saint Germain de Paris (évêque du VIè siècle) et à Saint Clair (diacre et martyr du IXè siècle), patron des doreurs et des brodeuses, cet édifice est particulièrement harmonieux grâce à sa façade et à ses deux tours clochers surélevées d’un dôme de pierre surmontées d’un lanternon toscan, à rapprocher de la tour poterne du château.
Sa façade garde des traces de la révolution de 1789 : blasons et croix martelés, inscriptions, etc.
L’intérieur de cette église n’en est pas moins remarquable. On peut y découvrir les fonts baptismaux dits des « rois de France », provenant de l’ancienne église Saint-Pol de Paris, offerts en 1494 par le seigneur Henri Perdrier. Ces fonts virent le baptême des futurs rois Charles V et Charles VI. Les tableaux méritent la visite ainsi que le meuble Renaissance, récemment restauré.
Les messes sont célébrées toute l’année les samedis à 18h30 (sauf vacances scolaires).

Petite histoire…
La porte sculptée du confessionnal (XVIIIè Siècle) est inscrite aux Monuments Historiques. Elle a failli être vendue à un antiquaire par un curé ayant décidé de son propre chef de vendre le meuble. Il a très vite repris sa place après qu’une paroissienne se soit étonnée de sa disparition, le curé s’empressant de le récupérer auprès de l’antiquaire.


Maison Zola–Musée Dreyfus

© Maison Zola-Musée Dreyfus.
© Maison Zola-Musée Dreyfus.

La maison Zola est fermée au public depuis le 3 octobre 2011.
L’association « Maison Zola – Musée Dreyfus », présidée par M. Pierre Bergé, s’affaire à la restauration de la maison, des décors et du mobilier.
Cette maison a obtenu le label « Maisons des Illustres » et figure sur la « Route des Maisons d’Ecrivains » tout comme le château de Médan. En mai 1878, grâce au succès de « L’Assommoir », Zola acquiert « un modeste asile champêtre ». La «  cabane à lapin » deviendra en trois ans un véritable domaine.
Dès octobre, il adosse à cette petite maison une tour, dite Tour Nana, de forme carrée, où il installera son cabinet de travail. Après l’acquisition d’une parcelle de l’île du Platais, où il construit Le Paradou, un petit chalet où il aime aller se divertir, c’est une ferme, une maison pour son jardinier et une serre qui viendront s’ajouter.
En 1885, Zola fera édifier une deuxième tour, Germinal, de forme hexagonale cette fois.
Il construisit aussi pour recevoir son éditeur Georges Charpentier et ses amis, le pavillon Charpentier.
De nombreuses parties de campagne seront organisées par Zola qui aime à s’entourer de ses amis. Les naturalistes, Maupassant, Huysmans, Céard, l’ami d’enfance, Paul Alexis mais aussi Cézanne, Manet, Pissaro, Edmond de Goncourt, les Daudet et tant d‘autres se presseront pour se délecter des délicieux repas concoctés par Mme Alexandrine Zola.
Il en découlera d’ailleurs le célèbre recueil de six nouvelles naturalistes « les soirées de Médan ».
En 1905, Alexandrine fait don de cette propriété à l’assistance publique sous réserve que « toutes les personnes qui se présenteront pour visiter la maison et pour honorer la mémoire de l’illustre écrivain » puissent le faire.
Un pèlerinage littéraire créé en 1903 par Maurice Le Blond, futur gendre d’Emile Zola, a lieu tous les ans, chaque premier dimanche d’octobre. A cette occasion des personnalités politiques et littéraires viennent parler de l’œuvre et de la vie d’Emile Zola.
Nous espérons accueillir très prochainement le musée Dreyfus ; « Musée vivant contre l’injustice et l’intolérance » (P. Bergé).
Pour tout renseignement :
http://www.maisonzola-museedreyfus.com

Petite histoire…
A la demande d’Emile Zola, le maître verrier Henri Baboneau réalisa en 1879 un vitrail représentant « Mes Bottes », personnage de « L’Assommoir » que l’acteur Joseph Dailly a rendu célèbre en incarnant le rôle dans la pièce tirée du roman qui fut jouée au Théâtre de l’Ambigu en 1879. Zola écrivit : « M. Dailly a prêté à « Mes Bottes » sa rondeur comique ».
Ce vitrail qui orna la porte d’entrée de la cuisine de la maison de Zola a été conçu d’après une des nombreuses photographies que Nadar avait prises des acteurs de la pièce de théâtre. « Mes Bottes » tient une grande baguette de pain, car il mange énormément de pain. « Ous qu’est le pain ? » dit-il le jour de la « fête à Gervaise » quand on apporte la soupe.
Ce vitrail, acheté par la fille d’Emile Zola, Denise Le Blond-Zola, à la vente après le décès de la veuve d’Emile Zola en 1925, orna une fenêtre de sa maison de campagne. C’est en 1998 que le petit-fils de Zola, Jean-Claude Le Blond-Zola donna ce vitrail à l’Association pour le Rayonnement de l’Œuvre d’Emile Zola devenue en 2004 Maison Zola-Musée Dreyfus. En 2009, dans le cadre de la restauration de la cuisine, ce vitrail a retrouvé sa place originelle.
Martine Le Blond-Zola, Vice-présidente de Maison Zola-Musée Dreyfus.